Retour sur le CINÉ-DÉBAT Quelles formes de participation des jeunes veut-on à Genève? | 4 décembre | Cinémas du Grütli

Le 4 décembre 2017, aux Cinémas du Grütli, a été projeté le film documentaire « Le futur est aujourd’hui » réalisé par les bénévoles de la Session des jeunes avec l’aide de la chercheuse-réalisatrice de l’Université de Genève, Morena La Barba. Le film tourné lors de la Session des jeunes de 2016, à l’occasion de ses 25 ans d’existence, met en avant l’engagement des 6’000 jeunes qui ont participé à la Session des jeunes, organisée chaque année depuis sa création en 1991 par le CSAJ (Conseil Suisse des Activités de Jeunesse).

Ce documentaire, tourné dans les trois langues nationales, met en avant la diversité des profils et des opinions des jeunes sur des sujets qui ne sont pas forcément « réservés qu’aux jeunes ». L’objectif du film est de montrer qu’il est possible et même nécessaire de laisser à la jeunesse le droit de s’exprimer et d’expérimenter des procédés politiques. Les jeunes participants ont exprimé à plusieurs reprises la satisfaction qu’ils ont éprouvé à voir leurs idées, projets, recherches ou encore travaux de groupe se concrétiser. Le fait d’être non seulement entendus mais aussi écoutés tient ces jeunes motivés et déterminés, comme on peut le constater tout au long du film.

L’événement co-organisé par le CSAJ et le GLAJ-GE a ainsi réuni de nombreuses personnes qui ont pu participer activement aux discussions avec quatre panélistes après la projection.

Le débat a traité de l’actualité genevoise en matière de participation des jeunes, et ceci en particulier dans le cadre de la nouvelle Loi sur l’enfance et la jeunesse (LEJ), discutée en 2017 en commission parlementaire et qui devrait être adoptée par le Grand Conseil dans le premier trimestre 2018. La LEJ est publique depuis le 9 janviers 2018 : lien.

Les interventions des panélistes se sont articulées autour de quatre thèmes :

  • le Conseil des jeunes cantonal prévu par la LEJ et dont la création avait été demandée par le Parlement des Jeunes Genevois et le GLAJ-GE
  • la Session parlementaire des jeunes en tant que projet novateur pour le canton de Genève mais qui n’est pas prévu par la LEJ bien qu’il ait été proposé par le GLAJ-GE lors de la consultation préliminaire et lors de son audition par la commission chargée d’étudier le projet de loi sur l’enfance et la jeunesse
  • le manque de représentation des jeunes au sein du Grand Conseil
  • la participation des jeunes et leur engagement au sein des organisations de jeunesse

Pour ce faire, nous avons eu le plaisir de recevoir : Nathalie Fontanet, PLR, Députée au Grand Conseil et membre de la commission chargée d’étudier le projet de loi LEJ ; Caroline Marti, PS, Députée au Grand Conseil ; Jules Lorenzi, Vice-Président du Parlement des Jeunes Genevois et Serge Koller, Délégué à la jeunesse de la Ville de Vernier.

Voici quelques extraits du débat sur les différents points abordés :

Au sujet du Conseil des Jeunes :

« Ce Conseil des Jeunes est quelque chose d’extrêmement important pour intégrer le jeune, pour lui donner un rôle dans la Cité, pour lui permettre d’avancer avec sa citoyenneté et puis aussi pour lui permettre d’être interrogé sur certains sujets et de venir là comme un expert finalement.

Dans les prérogatives du Conseil de la Jeunesse, il peut émettre des préavis et formuler des propositions sur tous sujets concernant la jeunesse. Et c’est quelque chose auquel la Commission n’a finalement pas réfléchi, mais en ressortant de ce débat, je trouve que ça fait sens de s’interroger sur cette limitation parce que le jeune, il est jeune aujourd’hui mais il va vivre dans le monde, enfin il y vit déjà, mais surtout les lois sont pour le monde de demain. Et pour le monde dans lequel finalement il ne sera plus jeune. Donc je retiens ça de notre débat en tout cas. » Nathalie Fontanet.

« Bien sûr que l’objectif d’un Conseil des Jeunes c’est de représenter les jeunes dans leur ensemble et non pas d’avoir une élite de jeune et seulement une façon de penser des jeunes. » Jules Lorenzi.

« Moi je pense que c’est un projet qui est absolument fondamental parce que toutes les différentes mesures ou structures dont on a parlé, le PJG, le Conseil de la Jeunesse, etc. moi je trouve effectivement que c’est des très bons moyens de booster la participation des jeunes et je me réjouis de savoir que la Commission a traité ça de façon favorable. » Caroline Marti.

« A Vernier, on est à une étape plus loin que le canton, c’est-à-dire que on a donné l’impulsion et puis on a laissé carte blanche aux jeunes, pour qu’ils définissent comment eux ils envisageaient le Conseil des Jeunes. » Serge Koller.

Au sujet de la Session des Jeunes

« Ce qui m’a beaucoup touchée, ce que j’ai trouvé extrêmement impressionnant, c’est le plaisir de ces jeunes, de voir qu’à un moment donné ce qu’ils font, ce qu’ils proposent va être pris en compte. Et j’ai trouvé ça extrêmement intéressant et de voir leur plaisir de participer, ce qu’ils apprenaient, les provenances des uns et des autres. C’est aussi quelque chose à soutenir et pour ma part je serai prête à le soutenir au niveau cantonal (le projet de Session des jeunes).

Et puis j’ai aussi été très étonnée de voir le travail en commission, où on voyait que certains jeunes n’étaient pas d’accord avec ce qui semblait ressortir de la commission. Et là j’ai trouvé extrêmement intéressant de voir ces jeunes, qui disaient mais maintenant il faut qu’on ressorte quelque chose de cette commission même si on n’est pas d’accord. » Nathalie Fontanet.

« C’est vrai qu’il faut absolument faire comprendre aux jeunes que leur voix est écoutée s’ils essaient de la défendre. Et on l’a vu dans le film mais je pense qu’il y a également des gens au Grand Conseil, des politiciens qui, quand on leur parle d’idées de jeunes, ne sont pas forcément là, à dire « Non, c’est n’importe quoi ! ». Ils sont là aussi pour nous écouter et pour comprendre le message des jeunes. Et je pense que, Caroline Marti l’a évoqué avant, le rôle de l’école et notamment des cours d’éducation citoyenne sont très importants. » Jules Lorenzi.

Au sujet du manque de représentation des jeunes au sein du Grand Conseil

« Cela m’interpelle quand même de me dire que j’ai 28 ans et que je suis la plus jeune (membre du Grand Conseil). C’est-à-dire qu’il y a une tranche d’âge de 10 ans, de 18 à 28 ans qui ne sont pas représentés dans le parlement de notre canton. Et ça, ça doit nous interpeller. On doit se poser la question de comment amener plus de jeunes dans les arènes politiques, dans les institutions politiques de notre canton.

Les jeunes ne sont pas forcément très bien informés de ce que c’est que le parlementarisme, de comment fonctionne nos institutions politiques, en ce sens il y a beaucoup de mesures qui peuvent être prises au niveau politique justement pour mieux informer les jeunes, qu’ils réalisent qu’elle est la réalité du travail parlementaire.

Je crois aussi beaucoup aux cours d’éducation civique dans les différents niveaux de notre école obligatoire et post-obligatoire parce que je pense que c’est vraiment là qu’on peut, d’abord enseigner les bases, les éléments qui permettent de comprendre comment fonctionnent nos institutions, mais également dans ce cadre-là, de donner aux jeunes l’envie de participer, de comprendre qu’ils peuvent avoir un impact et puis comment est-ce qu’ils peuvent faire. » Caroline Marti.

Au sujet de la participation des jeunes et leur engagement au sein des organisations de jeunesse

« J’ai l’impression qu’on a un peu tendance à cantonner les jeunes dans des thématiques qui concernent les jeunes, qui concernent la jeunesse alors qu’ils ont toute la légitimité pour s’exprimer sur l’ensemble des sujets de la société. Ce sont tous, soit des citoyens, soit des citoyens en devenir et à ce titre là je pense qu’ils ont vraiment la légitimité de pouvoir s’exprimer sur tous les sujets qui vont concerner leurs vies futures, leur manière de s’insérer dans la société, etc. » Caroline Marti.

« Je pense qu’on acquiert aussi une satisfaction de pouvoir faire quelque chose pour sa ville, pour son canton. Je pense que les jeunes sont très doués et sans doute autant que leurs ainés pour se plaindre, pour dire qu’à Genève y a rien qui bouge, à Genève y a rien qui est fait, on s’ennuie, c’est une ville ou ça manque d’événements. Et bien là justement c’est la question pour se dire que moi j’ai participé, les membres du PGJ ont participé pour essayer de faire bouger Genève, pour essayer de créer des événements. Et du coup d’acquérir cette satisfaction de se dire « voilà moi je me plaignais, je faisais rien dans mon coin, je savais pas quoi faire, et bien maintenant je peux dire que j’ai participé moi aussi, au lieu de me plaindre et bien j’ai été actif et du coup j’ai pu essayer de rendre service à la population. » Jules Lorenzi.

« On a un bon maillage des structures jeunesse sur Vernier donc on a pas mal de retour. On est souvent contacté par des associations ou des jeunes qui ont des projets, et c’est de pouvoir justement répondre et les aiguiller dans leurs demandes. Et puis ça revient un peu au souhait d’avoir ce Conseil des Jeunes parce qu’on a beaucoup de structures qui accueillent les jeunes jusqu’à 14-18 ans, et ensuite il n’y a plus grand-chose. Et c’est un peu ces jeunes invisibles qui sont en majorité, qu’on n’entend pas, et puis on voulait les approcher pour savoir quels étaient leurs besoins et leurs envies.

Et puis pour revenir au rôle de Délégué jeunesse, à ma connaissance on n’est que deux sur le canton. Il y en a un en Ville de Genève et un en Ville de Vernier, moi-même. Il y a une structure régionale, qui est la Conférence Romande des Délégués à l’Enfance et la Jeunesse, qui aborde et travaille sur différentes thématiques. Et donc c’est surtout un espace d’échange de bonnes pratiques entre différentes politiques jeunesse au niveau romand. » Serge Koller.

 

Retrouvez les photos de la soirée en suivant ce lien.

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